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Prostitution : derrière la porte des salons de massages

Date de publication: 2019-09-25 12:21

Au Siam Thaï Spa de la rue Rennequin &ndash rideau rose, fleur de lotus et un "Open" qui clignote en lettres de né on en vitrine &ndash , une feuille scotché e sur la porte annonce le programme : massages chinois, thaï , tantrique, relaxant, naturiste et aussi massages individuels ou en couple. Il faut sonner à la porte pour obtenir des renseignements sur les tarifs. Une Asiatique d&rsquo une quarantaine d&rsquo anné es en minirobe rouge et noir coince l&rsquo ouverture de la porte avec son pied :

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Mais ici, quartier Poncelet, rien de tout cela. Zé ro ré volte et encore moins d&rsquo agacement. Personne ne râ le, personne ne parle. "L&rsquo an dernier, la police a fait fermer un salon rue Rennequin, il a rouvert aussitô t", se dé sole Brigitte Kuster, la maire du 67e arrondissement.

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Partout les vitrines sont opaques, les inté rieurs é triqué s, la dé co glauque. On pense immé diatement aux ateliers clandestins du 66e arrondissement de Paris, ou de Belleville. Les rituels sont standardisé s. Notre confrè re reporter envoyé sur le terrain au salon Yang Qin Tang du 6 bis de la rue Fourcroy raconte :

Salons de massage à Paris : les massages les plus

Au Conseil de Paris par exemple, Nathalie Kosciusko-Morizet est monté e au cré neau. Dans certains quartiers comme le 9e, où la prostitution est pourtant un sujet familier, les commerç ants se sont constitué s en association pour ré clamer "la fermeture des salons qui ont envahi la rue et dé valorisent le business". Certains ont mê me placardé des affichettes sur les vitrines :

Comme il ne se voit pas, ce nouveau proxé né tisme urbain en hyperexpansion prospè re dans la plus grande impunité , alors que le gouvernement ne cesse de marteler sa volonté politique de lutter contre le proxé né tisme en pé nalisant les clients. Allez comprendre. Il existe ç à et là quelques sursauts d&rsquo agacement.

Il y a deux ans et demi, lorsque le salon Lilas Violet s&rsquo est installé dans la boutique mitoyenne à son local &ndash petite vitrine caché e par un rideau irisé violet et guirlande lumineuse rouge &ndash , Matthieu Doat a saisi l&rsquo ordre des kiné sithé Et demandé à son organisation de vé rifier les qualifications des masseuses qui officiaient à l&rsquo inté rieur. Dé pité , il explique :

Robert, 85 ans, chauve mais plutô t joli garç on, vient exprè s du 65e une fois par semaine, toujours le mê me jour et à la mê me heure.

Laissez-vous envoûter par les salles de massage, aux mobiliers traditionnels éclairés à la lueur des bougies, et par la douceur de la musique thaïlandaise traditionnelle.

Si on veut éviter ce genre de salon, il faut régulariser la prostitution et non pas l'abolir, comme le veut Belkacem. D'un côté, ca permettrait à l'Etat d'avoir une "communication" avec elles (et eux, car il ne faut pas oublier qu'il y a aussi des hommes). Il serait beaucoup plus facile de savoir si elles sont réellement indépendantes ou s'il y a un proxénète derrière. Et puis, le fait de travailler dans un endroit propre et sûr (et non pas au beau milieu d'une forêt ou dans une camionnette) aura des conséquences bénéfiques, que ça soit en terme de santé ou bien en terme de sécurité.

Mê me les commerç ants du coin, curieusement les meilleurs allié s objectifs de ces é tablissements, ne s&rsquo offusquent pas. Caroline Jammet, qui vend du linge de maison rue Pierre-Demours, affirme que "les boutiques drainent une nouvelle clientè le", et que c&rsquo est bon pour tout le monde. Chez Pou, la grande charcuterie-traiteur de l&rsquo avenue des Ternes, on envisage aussi la chose avec bienveillance : "Ç a fait du chiffre d&rsquo affaires." Mais la perle revient à la gé rante de l&rsquo institut de beauté La Main douce, rue Poncelet : "Pourquoi voulez-vous que ç a nous dé range ?" dit la dame occupé e à faire une manucure.

Prè s de 75 ans aprè s la fermeture des maisons closes, ces escapades dé complexé es sonnent comme un retour du bordel de quartier. "Le 67e a toujours é té le grand lupanar de Paris", explique Jean- Claude Janan, le pré sident de l&rsquo association de commerç ants Acaja, qui est aussi la mé moire du quartier.

PROSTITUTION : LES SALONS DE « MASSAGES CHINOIS » Sujet traité en dessins sur "L'actualité en dessins" = > http://

Les clients, é videmment, rasent les murs. Des pè res de famille du quartier qui font un dé tour par le salon de massage en rentrant du boulot ou en allant chercher le pain ? Plutô t pas. Xavier, la cinquantaine et cadre dans l&rsquo é dition, rectifie :

Le commissaire de l&rsquo arrondissement a, lui, refusé de nous parler. Dommage. "Les salons ont poussé comme des champignons en trè s peu de temps, et, comme ce sont de tout petits commerces invisibles, on a fait comme si on ne voyait pas", raconte Matthieu Doat, proprié taire d&rsquo un cabinet de kiné sithé rapie au 78 de la rue Fourcroy.

A la sortie de l&rsquo é cole primaire, Sophie s&rsquo é nerve : la mè re de famille en a assez que ses gosses ramassent des prospectus salaces par terre, "des tas de flyers tombé s des pare-brise avec des filles asiatiques à poil en photo, je ne suis pas puritaine mais tout de mê me".